La preuve par le coronavirus

par Juin 20, 2020Education0 commentaires

A la fin d’une période de crise sanitaire, qui a porté chacun à cogiter sur son existence, nous en ressortons chacun avec une certaine vision, forcément éclaircie par le recul que nous avons été forcé de prendre.

Si la crise a permis de mettre à nue certaines injustices, qui nous paraissaient invisibles ou justifiées, elle a également soulevé le débat de l’essentialisation et de la revalorisation de certains métiers. Il ne s’agit pas ici de revenir sur ces inégalités, ces vulnérabilités révélées à l’échelle mondiale. Mais de prendre conscience qu’au-delà de la proximité et de la globalisation dont on nous chante les vertus, il existe certaines réalités singulières à prendre en compte dans les positionnements.


C’est ainsi que le travailleur précaire indien n’aura pas vécu le même confinement que l’ouvrier en BTP français ; l’étudiant étranger en chine n’a pas eu les mêmes besoins que le travailleur immigré suisse…

D’autre part, on remarque paradoxalement que le coronavirus transcende les inégalités dans le choix de ces cibles et frappe avec la même intensité les différentes catégories sociales. Dans des régions du globe, certains privilégiés de déserts médicaux qui jouissaient jusqu’ici des faveurs d’évacuations médicales tous frais payés par le contribuable, ont été logés au même hôpital que le citoyen lambda.

Dans tous les pays, au-delà des facteurs « naturels » liés à la vulnérabilité de la population du fait de son âge, ce qui a été mobilisé, ce sont les moyens internes disponibles, souvent issus des infrastructures publiques et reposant sur un système de protection sociale. Les Etats qui n’ont pas pu ou eu à mobiliser ces ressources, ne doivent leur salut qu’à la bonté divine.


A la sortie de la crise, il serait judicieux d’orienter nos choix et priorités. Il n’est plus tabou de faire des investissements qui répondent directement aux besoins des locaux, sans se soucier de sa standardisation et de son alignement sur les besoins du marché international.

De même, si dans une situation de libre concurrence les individus travaillent à la satisfaction de leurs intérêts personnels, cette faculté se trouve vite limitée lorsque les infrastructures à la base ne sont pas au rendez-vous. Il y a donc certains préalables à assurer avant de mettre en œuvre une politique libérale individualiste : l’éducation, la santé publique, la sécurité alimentaire, le droit d’aller et venir, l’accès à un système juridique de Droit.

Il ne s’agit pas d’attendre que ces préalables soient acquis pour entamer un développement industriel du privé. A ce jour, l’inverse est plus viable. Il s’agirait pour les détenteurs de capitaux privés, d’investir dans des secteurs qui répondent aux besoins vitaux du public. Ils y gagneront doublement. Les mécanismes de fondation d’entreprise et de responsabilité sociétale d’entreprise permettent de le faire, si ce ne sont pas des entreprises sociales et solidaires.

Ce n’est pas parce qu’on est entrepreneur qu’on n’est pas imputable de sa responsabilité dans la gestion de la chose publique. Ça ne veut pas forcément dire faire de la politique mais s’assurer un environnement propice au développement des affaires et à l’amélioration du niveau de vie. Les prochaines super-puissances après les États-Unis ne seront pas des Etats. Ce seront des entreprises qui auront su peser de toute leurs forces sur l’orientation des choix publiques.

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